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Henri LOCHE

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GISÈLE A UN AMANT
Opérette
opus 209

boudoir


Personnages et musiciens
Découpage
Le mot du compositeur
Histoire
Livret

 Personnages par ordre d'entrée en scène
Gisèle
Jean-François
Christian
Pamela
Gertrude
Brigitte
Bertrand
Popov

 Ensemble instrumental (8 musiciens)
1 Flûte
1 Clarinette Si b
 2 Violons
1 Alto
 1Violoncelle
1 Contrebasse
1 Piano

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 Découpage
 1 Prélude
 2 Mots fléchés
 3 Promenade
 4 Avec toi
 5 Gisèle a un amant
 6 On emploie n'importe qui
 7 Oublions tout
 8 Le temps des amours
 9 La bévue
10 Il faut savoir ce qu'on veut
11 Souvenir
12 Pantomime du Mage
13 Je prédis l'avenir
14 Dès que je l'ai vue
15 España mi corazòn
16 Au bal musette
17 Popov
18 Wikipedia dit tout
19 Le credo de l'avocat
20 Merci
21 Nous venons de rater le train
22 Tout est pour le mieux

7'10
2'
1'50
5'
2'35
1'30
1'25
2'30
2'45
2'30
4'
0'41
2'10
3'18
2'25
2'40
3'
1'30
3'10
4'05
1'30
2'
Orchestre
Gisèle

Jean-François et Gisèle
Gisèle et Jean-François
Christian et Jean-François
Jean-François et Christian
Gisèle et Jean-François
Gertrude et Jean-François
Brigitte, Jean-François et Gisèle
Pamela, Gisèle, Brigitte et Jean-François
Gisèle
Orchestre
Bertrand
Pamela et Bertrand, tou
s
Pamela et tous
Pamela et Bertrand, Gisèle Brigitte et Jean-François
Popov et tous
Pamela, Gisèle et Brigitte, voix d'hommes
Voix d'hommes et voix de femmes, Jean-François
Pamela, Jean-François, Gisèle et Brigitte
Gertrude et Christian
Tous

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 LE MOT DU COMPOSITEUR

Au cours de mon enfance, ma mère qui n'était pas chanteuse mais comédienne, me fredonnait souvent des airs des opérettes du répertoire : «La fille de Madame Angot», «Les cloches de Corneville», «La Mascotte», etc...

Ayant été souvent bercé par l'atmosphère si particulière de ce genre musical léger et joyeux, je me suis toujours senti en phase avec cette musique.

Quelques années plus tard, en poursuivant mes études musicales, j'ai découvert les oeuvres d'André Messager à l'écriture si raffinée, si élégante et si équilibrée. Un célèbre critique musical ­Antoine Goléa­ n'avait pas craint d'affirmer: « Deux oeuvres, à la fin du XIXè siècle et au début du XXè, ont profondément marqué le théâtre lyrique : « Pelléas et Mélisande » de Debussy et « Véronique » de Messager.

Contrairement à certaines idées reçues, l'opérette n'est pas un genre mineur, et j'en veux pour preuve cette boutade d'André Messager, à la fin de sa vie : « Décidément, l'opérette est un genre vraiment trop difficile, je crois que je vais maintenant écrire une symphonie ! »

Bien que modeste, sans prétention de vouloir révolutionner l'art du chant, l'opérette apporte un moment de bonheur, de détente et de joie de vivre.

Avec « l'île tranquille », j'ai essayé d'apporter une petite pierre à cet édifice. « Bonne et heureuse année » apporte une pierre quelque peu différente dans le paysage de l'opérette.



Henri Loche - juillet 2014 - Collioure

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L'HISTOIRE

Dans une chambre d'un hôtel de cure, Gisèle et Jean-François filent le parfait amour.

La venue impromptue de deux personnages qu'ils ne souhaitaient pas rencontrer trouble quelque peu leur sérénité.

La secrétaire de Jean-François, Brigitte, voulait les prévenir de la venue de ces intrus mais arrive trop tard, comme les carabiniers d'Offenbach.

Ajoutez une femme de chambre au caractère bien trempé, un faux mage qui prédit l'avenir et enfin un ancien colonel russe, et vous aurez la recette de cette comédie légère qui finira bien, car tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

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LIVRET

Prélude

Une chambre d’hôtel dans une ville de cure.
Gisèle est absorbée par la recherche de mots fléchés

Mots fléchés
Gisèle
Moitié en quatre lettres,
Mais qu’est-ce que ça peut être ?
Une demi, ou bien semi ?
Mais bien sûr c’est mari !
M A R I
Il est dix heures passées
Et il n’est toujours pas rentré
J’commence à m’inquiéter.
Ma fille, arrête de gamberger
Et retourne à tes mots fléchés.
Voyons donc les définitions.
Des clopinettes
C’est des petites choses
Ou de très faibles doses
Peut-être même des miettes
Des clopinettes
Des petites cigarettes
Ou ce qui en reste
Je crois qu’jai trouvé
Bingo ! Des mégots !
Comm’ son Ulysse de rentrait pas,
Pénélope défaisait son canevas
Et moi j’attends mon bien-aimé
Et moi je fais des mots fléchés
Oui des mots fléchés.

Jean-François entre, Gisèle se précipite dans ses bras.

—    Gisèle : Tu t’es fait bien désirer, aujourd’hui ! Je commençais à m’inquiéter !
—    Jean-François : Il faisait si bon sur les bords de l’Allier ! Je n’ai pas pu résister. J’écoutais un concert de chants d’oiseaux, si beau, si mélodieux. Et le soleil, si doux, si caressant. Et les odeurs de la rosée et le parfum des fleurs : quel bonheur !


Promenade
Jean-François
J’aime me promener
Sur les bords de l’Allier
Flâner au fil de l’eau,
Ecouter les oiseaux,
Me griser de leurs chants
Comme Olivier Messiaen.
En ce début d’été
Soudain j’ai ressenti
Un air de liberté,
Un peu de paradis
Oui de paradis
Gisèle
Mais quand je suis loin de toi
Tu sais que je ne peux
Maîtriser mon émoi
Je t’ai attendu si longtemps
Je veux profiter du présent
Jean-François
Il faut me pardonner
D’avoir longé l’Allier
Flâné au fil de l’eau,
Ecouté les oiseaux,
M’être grisé de leurs chants
Comme Olivier Messiaen.
En ce début d’été
Soudain j’ai ressenti
Un air de liberté,
Un peu de paradis
Oui de paradis
Gisèle
Mais quand je suis loin de toi
Tu sais que je ne peux
Maîtriser mon émoi
Je t’ai attendu si longtemps
Je veux profiter du présent

—    Jean-François : Je suis désolé de rentrer si tard. C’est la nature la seule responsable, et moi aussi bien sûr !
—    Gisèle : Quand nous étions étudiants, tu me regardais mais tu ne me voyais pas. Toujours la tête dans tes bouquins de droit, et quand enfin tu es devenu « Maître Jean-François Valentin, avocat à la cour », tu t’es envolé. Maintenant que je t’ai retrouvé, je ne te quitte plus.


Avec toi
Gis. – Avec toi je me sens bien
J.F. – Et moi aussi je me sens bien
Gis. – Avec toi je ne crains rien
J.F. – Je ne crains pas les lendemains
Gisèle
Je me sens revivre et je m’enivre
Chaque jour de notre amour
Que le ciel soit bleu ou qu’il soit gris
Tout me ravit quand tu es là
Tout près de moi, près de moi
Toi pour moi et moi pour toi.
Dès que je t’ai vu j’ai ressenti
Une attirance et un bonheur à l’infini.
Et mon cœur battait une chamade
Sans arrêt j’en étais presque un peu malade.
Jean-François
Je te regardais, tu me plaisais c’est vrai
Mais je n’pensais pas que moi je t’attirais
Gisèle et Jean-François
Tout cela est bien loin
Ignorons nos chagrins
Ne pensons qu’à nous oublions tout.
Vivons heureux
Rien que nous deux,
Rien que nous deux, oui nous deux
Gis. – Dans  tes bras je me sens bien
J.F. – Et moi aussi je me sens bien
Gis. – Dans tes bras je ne crains rien
J.F. – Je ne crains pas les lendemains
Gisèle
Je me crois toujours au paradis
Et j’aime, j’aime, j’aime la vie
Et autour de moi tout me sourit
Tout m’éblouit quand je te vois
Si près de moi, près de moi
Notre amour emplit mes jours.
Je connais enfin le vrai bonheur
A chaque instant, oui je ressens la joie au cœur
Je conçois ma vie tout autrement
Et je n’ai plus jamais d’angoisses ni de tourments.
Jean-François
Mais pour moi aussi ma vie a bien changé
Je me sens joyeux le matin au lever
Gisèle et Jean-François
Car la vie est belle
Le monde aussi est beau
Nous volons comme l’oiseau
A tire d’aile au septième ciel
Au septième ciel, oui oui oui
Dans tes bras je me sens bien
Avec toi je ne crains rien
Oui unis tous deux
Nous sommes heureux.

—    Jean-François : Nous allons vivre une belle journée calme et reposante

Le téléphone sonne. Jean-François décroche.

—    Jean-François : Bien, merci.
—    Gisèle : Que se passe-t-il ?
—    Jean-François : On m’annonce la venue de Christian.
—    Gisèle : Quel Christian ?
—    Jean-François : Christian, ton mari. Ramasse tes affaires et va dans la salle de bains. Je vais bloquer l’ascenseur pour gagner du temps.

Il sort, pendant que Gisèle vérifie qu’elle n’a rien oublié.
Jean-François revient, la serre dans ses bras.
Elle sort.
Entre Christian, tambour battant.

Gisèle a un amant
Christian
J’ai un pressentiment
Je crois qu’Gisèle a un amant
Jean-François
Non ?
Christian
Si !
Son attitude a bien changé
Elle est moins triste et renfrognée.
Il m’a semblé la voir sourire
Et j’ai bien cru ouïr un soupir
Jean-François
Puisque Gisèle et toi
N’avez plus de rapports je crois
Alors pourquoi, oui pourquoi t’acharner
A refuser de divorcer ?
Christian
Je vais me présenter aux prochaines élections
Pour être député dans une circonscription
De la région. Pour une large assise
J’ai besoin du soutien de l’église
Si je suis divorcé,
Je n’peux plus y compter.
Christian et Jean-François
C’est vrai Gisèle a bien changé
Elle est moins triste et renfrognée
Je suis perdu dans mes pensées
Et tout cela est insensé.

—    Jean-François : Comment as-tu eu mon adresse ici ?
—    Christian : Par Brigitte, ta secrétaire
—    Jean-François : (murmure à peine) – La garce ! Tu es venu pour me dire que tu pensais que Gisèle avait un amant. Tu soupçonnes quelqu’un?
—    Christian : Non.
—    Jean-François : Ouf !
—    Christian : Pourquoi tu fais ouf ?
—    Jean-François : Moi j’ai fait ouf ?
—    Christian : Je t’assure que tu as fait ouf.
—    Jean-François : J’ai fait ouf, j’ai fait ouf ! (il rit) Mais bien sûr que j’ai fait ouf. Je fais ouf tout le temps, c’est les petites bulles de l’eau de source qui remontent, tu vois (il mime une sorte de hoquet). Ouf ! Mais toi, tu as une maîtresse.
—    Christian : Non... Deux. Une à Paris, l’autre en Suisse. Pour moi c’est une question de standing. Je dirige un des groupes les plus importants du pays. Sous l’Ancien Régime j’aurais envoyé Gisèle au couvent.
—    Jean-François : Henri XVIII d’Angleterre faisait couper les têtes de ses femmes.
—    Christian : C’est un peu excessif...
—    Jean-François : Très excessif. Tu es venu pour me dire que tu allais te lancer dans la politique. Comment te situes-tu sur l’échiquier politique?
—    Christian : A gauche de la droite et à droite de la gauche.
—    Jean-François : A l’extrême centre, alors ?
—    Christian : En quelque sorte.
—    La femme de chambre : (elle entre, tenant une robe à deux mains). Monsieur Valentin
—    Jean-François : Vous vous trompez de chambre mademoiselle.
—    La femme de chambre : Mais, monsieur...
—    Jean-François : Qu’est-ce que je viens de vous dire ?

Elle hausse les épaules et sort.

On emploie n’importe qui
Jean-François et Christian
On ne trouve plus aujourd’hui
Du personnel qualifié
Jean-François
On emploie n’importe qui
Christian
Qui n’connait pas le métier
Jean-François et Christian
C’est vraiment n’importe quoi
Qu’on ne peut imaginer.
Jean-François
Bien sûr les bras vous en tombent
Christian
Alors on en reste coi
Jean-François et Christian
On prend le premier venu
Qu’on juge sur sa bonne mine
Jean-François
Ou n’importe quel farfelu
Christian
Quelques soient ses origines
Jean-François et Christian
C’est vraiment n’importe quoi
Qu’on ne peut imaginer.
Jean-François
Bien sûr les bras vous en tombent
Christian
Alors on en reste coi
Jean-François et Christian
Dans quelle époque vivons-nous
Le monde est-il devenu fou
Tout fou ?

—    Christian : J’ai un service à te demander
—    Jean-François : J’écoute !
—    Christian : Quant nous étions jeunes, tous pensaient que tu avais peur des filles. Tu les fuyais, jusqu’à ce que Gertrude te mette le grappin dessus. C’est une jolie jeune femme mais tout le monde sait que c’est une emmerdeuse.
—    Jean-François : J’ai divorcé.
—    Christian : Et comment peut-on encore s’appeler Gertrude aujourd’hui !
—    Jean-François : Ce sont ses parents qui ont choisi son prénom.
—    Christian : Mes parents m’ont prénommé Arsène. Et comme ma mère m’appelait toujours mon lapin, tu vois, Arsène lapin, si on s’est foutu de moi à l’école ! J’ai pris mon second prénom : Christian. Ça n’est pas à un mélomane averti comme toi que j’appendrai que le premier prénom de Claude Debussy c’était Achille et celui de Maurice Ravel, Joseph !
—    Jean-François : Ça ne me dit pas pourquoi tu es venu me voir.
—    Christian : J’ai un service à te demander. Tu n’as rien d’un séducteur, loin s’en faut. Fais la cour à Gisèle. Si elle te repousse c’est qu’elle aime son amant, si elle se jette dans tes bras c’est une nouvelle Messaline. (Il regarde sa montre). Je me dépêche, j’ai un rendez-vous important à Moulins. Je compte sur toi.

Il sort.
Gisèle sort de la salle de bain.

—    Gisèle : Quel mufle, quel goujat !
—    Jean-François : Calme-toi.
—    Gisèle : Il n’aime que lui et aussi l’argent. Je ne l’ai épousé que par dépit parce que tu t’es marié avec Gertrude. Il était beau parleur mais je ne l’ai jamais aimé.
—    Jean-François : Esssaie d’oublier

Oublions tout
Gisèle et Jean-François
Oublions tout
Les soucis les tracas
Les méchants les goujats
Jean-François
Ne pensons qu’à nous
Vivons chaque instant
Pleinement
La vie est trop brève
Et passe comme un rêve
Alors profitons-en
Vraiment.
Gisèle
Mais je ne peux supporter
Des propos aussi méchants
L’absence de bons sentiments
Et de ne rien respecter.
Gisèle et Jean-François
Oublions tout
Les soucis les tracas
Les méchants les goujats
Jean-François
Ne pensons qu’à nous
Ne vivons que pour nous.

Gisèle se blottit dans les bras de Jean-François.

—    Jean-François : Après dîner, ce soir, je t’emmène au théâtre
—    Gisèle : Pour voir quoi ?
—    Jean-François : Une opérette d’André Messager : « Véronique »
—    Gisèle : J’adore. (Elle chantonne). De-ci de-là, cahin caha, va trottine, va chemine...
—    Jean-François : Pour moi, Messager est le Maître incontesté de l’opérette française. En plus, il est né près d’ici, à Montluçon. Ah ! Christian a oublié son porte documents.

Le téléphone sonne. Jean-François décroche.

—    Jean-François : Allo ! Quoi ? Qui ? Merci.
—    Gisèle : Un mauvaise nouvelle ?
—    Jean-François : Tu parles ! On m’annonce la venue de Gertrude !
—    Gisèle : Non !
—    Jean-François : Si ! Retourne dans la salle de bains.

Elle sort. Jean-François prend le recueil de mots fléchés et un air inspiré. Gertrude entre, essoufflée.

—    Gertrude : Les étages sont bien hauts. C’est bien la peine d’être dans un quatre étoiles alors que l’ascenseur ne marche pas !
—    Jean-François : Bonjour.
—    Gertrude : (Elle se penche vers lui pour lui faire la bise). Bonjour. Oh ! tu n’as pas bonne mine. Tu dois manger n’importe quoi. Quand on vivait ensemble je te faisais de bons petits plats.
—    Jean-François : Je te rassure, tout va bien. Je ne te demande pas comment tu as eu mon adresse ici. (Elle ouvre la bouche mais avant qu’elle parle) : Brigitte, ma secrétaire.
—    Gertrude : Oui ! Ta chemise est mal repassée, tu te négliges. (Elle saisit le paquet de cigarettes resté sur la table). Tu refumes ?
—    Jean-François : Non. (Voyant le paquet). Si. C’est pour faire passer l’eau de source un peu amère parfois.
—    Gertrude : C’est curieux !

Exaspéré, Jean-François lui tourne le dos. Gisèle, dans la salle de bains, éternue.

—    Gertrude : T’es enrhumé ?
—    Jean-François : Non ! Si, un peu, ce n’est rien.
—    Gertrude : Tu n’es pas assez couvert la nuit. (Gisèle éternue de nouveau). Tu te soignes, au moins ?
—    Jean-François : Oui.

La femme de chambre entre avec une robe qu’elle tient à deux mains.

—    La femme de chambre : Monsieur Valentin !
—    Jean-François : Vous vous trompez de chambre, mademoiselle.
—    La femme de chambre : Mais pourtant, monsieur !
—    Gertrude : Vous n’avez pas entendu ce que dit Monsieur ? (Excédée, la femme de chambre sort). Elle est sourde, celle-là ! Mon pauvre Jean-François, quand nous vivions tous deux, je veillais sur toi. Je regrette ce temps-là.

Le temps des amours
Gertrude
Qu’il était doux le temps des amours
Nous étions heureux, heureux chaque jour
Quand nous marchions la main dans la main
Sans jamais penser au lendemain
Ce temps des amours
Oui, je le regrette toujours
Jean-François
On ne peut vivre dans le passé
Ignorer le présent
Et toujours ressasser
Les mêmes ressentiments
Gertrude
Mais pourtant moi
Je le regrette toujours
J’ai le droit, oui le droit
De dire ce que je pense
Jean-François
Droit de dire
Ce que je ressens
Gertrude
Oui je regrette le temps des amours
Nous étions heureux, heureux chaque jour
Quand nous marchions la main dans la main
Sans jamais penser au lendemain
Ce temps des amours
Oui, je le regrette toujours
Jean-François
Mais vivons dans le temps présent
Gertrude
Sans renier la vie d’avant
On ne peut oublier les moments
De bonheur tous vécus tendrement
Jean-François
Profitons simplement
De la vie pleinement
Gertrude
En aimant chaque instant
Vivons sainement
Oui, sainement
Jean-François
Vivons sainement, oui, sainement.
Gertrude et Jean-François
Oui je regrette le temps des amours
Nous étions heureux, heureux chaque jour
Quand nous marchions la main dans la main
Sans jamais penser au lendemain
Ce temps des amours
Oui, je le regrette toujours.

—    Jean-François : Si tu es venue jusqu’ici me retrouver, je suppose que tu as quelque chose à me demander.
—    Gertrude : Non ! J’ai décidé de passer la journée avec toi, et pourquoi pas la nuit.
—    Jean-François : Tu rêves ! La journée je suis pris par la cure, et la nuit il n’en est pas question.
—    Gisèle : Et pourquoi ?
—    Jean-François : Tu oublies que nous sommes divorcés, donc séparés.
—    Gertrude : Je peux prendre une autre chambre dans cet hôtel.
—    Jean-François : L’hôtel est complet.
—    Gertrude : Tu me chasses ?
—    Jean-François : Non, je ne te retiens pas.
—    Gertrude : Tu permets au moins que j’aille aux toilettes ?
—    Jean-François : Impossible, tout est bloqué, nous attendons le plombier.
—    Gertrude : Et pour te laver le matin ?
—    Jean-François : Je vais aux bains douches municipaux.
—    Gertrude : Et tu peux supporter tout ça : pas d’ascenseur, pas de salle de bains ?
—    Jean-François : Je t’ai bien supportée pendant trois ans.

Elle quitte la chambre et furieuse elle crie : « Adieu ! »
Gisèle sort de la salle de bains.

—    Gisèle : Bravo, Jean-François, tu t’en es bien tiré. Espérons que les ennuis sont finis, du moins pour aujourd’hui.
—    Jean-François : Il y a un mot fléché que tu n’as pas trouvé.
—    Gisèle : Lequel ?
—    Jean-François : Pour la prise de la pastille.
—    Gisèle : Jeu de mots stupide.
—    Jean-François : Réfléchis ! Vichy ! Pastille de Vichy !
—    Gisèle : Je maintiens que mon intelligence est au-dessus de ça.
—    Jean-François : Prétentieuse !

Ils s’embrassent.

—    Jean-François : Gertrude a oublié son étole. Décidément, c’est la chambre des objets perdus, ici !

La secrétaire, Brigitte, entre, la mine ahurie.


La bévue
Brigitte
Quand je me suis aperçue
D’avoir commis une bévue
Je me trouvais dans une rue
Les passants me regardaient
Et je sentais qu’ils se moquaient
De mon air ahuri et niais
Mais je me suis ressaisie
J’ai pris l’premier train pour Vichy
C’est pour ça que je suis ici
Pour vite vous prévenir
Vous pouvez vous attendre au pire
Vos deux ex risquent de revenir.
J’ai commis la maladresse
De leur indiquer votre adresse.
Je suis tout à fait confuse.
Je vous prie de m’excuser
De bien vouloir me pardonner
Je suis vraiment désolée.
Jean-François
Nous commettons tous parfois des erreurs
Evidemment je ne suis pas fâché avec vous, n’ayez pas peur.
Brigitte
Je n’ai pas peur, je n’ai pas peur.
J’étais au courant de votre liaison
Une secrétaire connait tout sur son patron
Jean-François
Mais la discrétion c’est une qualité
Qu’il ne faut jamais, surtout jamais oublier.
Tous
Promettez-moi d’être plus vigilante
Réfléchissez bien avant d’agir
Et soyez très prudente
Gisèle
Oui très prudente, très prudente.

—    Brigitte : Je vous ai appelé sur votre portable. Il a sonné dans votre bureau, vous l’aviez oublié. J’ai appelé l’hôtel mais la ligne était saturée. C’est pourquoi j’ai sauté dans le premier train. J’espère être arrivée à temps.
—    Jean-François : Hélas non, Brigitte ! Vous êtes comme les Carabiniers d’Offenbach, vous arrivez trop tard.
—    Brigitte : Mon Dieu ! (Elle s’adresse à Gisèle). Quand votre mari m’adresse la parole, j’ai l’impression d’un père qui hurle parce que sa fille a trempé son doigt dans le pot de confiture. Il est prétentieux, méprisant. Il me paralyse. Quant à votre ex-femme, elle est tellement autoritaire qu’elle ne demande jamais rien, elle donne un ordre. Ils seraient bien mariés ensemble, ces deux-là.
—    Jean-François : N’en croyez rien, ils s’entretueraient. Mais comment avez-vous pu venir jusqu’à moi sans qu’on me prévienne ?
—    Brigitte : Vous avez oublié que je suis née dans cette ville. Tout le monde me connait dans cet hôtel et ma sœur est commerçante à deux rues d’ici. Elle est crèmière.
—    Jean-François : Elle bat le beurre ?
—    Gisèle : Non, Jean-François, tu t’arrêtes. (Elle décroche le téléphone). Allo, le service, est-ce que ma robe est prête ?
—    Jean-François : Je vais t’expliquer.

La femme de chambre entre, les deux poings sur les hanches.

—        Pamela : Faudrait savoir ! Quand j’apporte la robe vous ne la voulez pas, et maintenant vous la demandez ! Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? Dans la vie il faut savoir ce que l’on veut !

Savoir ce que l’on veut
Pamela
Il faut savoir ce qu’on veut non de non
Dans la vie et ne pas hésiter à dire oui ou non
Il ne faut surtout pas tergiverser
Tâtonner sans jamais rien décider
                  Pamela, Gisèle, Brigitte et Jean-François
Il faut savoir ce qu’on veut non de non
Dans la vie et ne pas hésiter à dire oui ou non
Gisèle
On peut réfléchir un instant
Brigitte
Sans pour cela être hésitant
Gisèle
Et trouver simplement
Le bon mot convenant
Jean-François
Mais qui va piano
Va sano et lontano.
Gisèle et Brigitte
Inutile de polémiquer
Gisèle, Brigitte et Jean-François
Alors cessons de discuter
Pamela
Il faut savoir ce qu’on veut non de non
Dans la vie et ne pas hésiter à dire oui ou non
Il ne faut surtout pas tergiverser
Tâtonner sans jamais rien décider
                  Pamela, Gisèle, Brigitte et Jean-François
Il faut savoir ce qu’on veut non de non
Dans la vie et ne pas hésiter à dire oui ou non
Brigitte
Il se peut que l’on soit très occupé
Gisèle
Très occupé et perdu profondément dans ses pensées
Jean-François
Mais nous n’avons pas à nous justifier
Gisèle et Brigitte
Se justifier c’est avouer une responsabilité
Pamela
Il faut savoir ce qu’on veut non de non
Dans la vie et ne pas hésiter à dire oui ou non
Il ne faut surtout pas tergiverser
Tâtonner sans jamais rien décider
                  Pamela, Gisèle, Brigitte et Jean-François
Il faut savoir ce qu’on veut non de non
Dans la vie et ne pas hésiter à dire oui ou non
Brigitte
Il se peut que l’on soit très occupé
Gisèle
Très occupé et perdu profondément dans ses pensées
Jean-François
Mais nous n’avons pas à nous justifier
Gisèle et Brigitte
Se justifier c’est avouer une responsabilité

—    Pamela : Je vais chercher votre robe, si je la retrouve ? Mais il faudra que je lui redonne un petit coup de fer. Alors vous devrez attendre un peu. (Elle sort).
—    Jean-François : Voilà une jeune femme qui a un sacré caractère.
—    Brigitte : Qu’y a-t-il, Gisèle ? Vous êtes toute pâle. Vous ne vous sentez pas bien ? Vous avez un malaise ?
—    Gisèle : Non, c’est la date anniversaire de la mort de mes parents dans le naufrage de leur bateau. C’est toujours très dur pour moi.

Souvenir
Gisèle
Ils partaient en croisière pour la première fois
Ils économisaient de l’argent chaque mois
Pour aboutir enfin au projet de voyage.
Ils en rêvaient depuis longtemps au fil des âges
Ils m’avaient envoyé une carte postale
Datée du mois de mai de leur première escale
Ils y vantaient les beautés de chacun des paysages
La douceur du climat et les magnifiques plages
Et l’accueil chaleureux que l’on leur réservait
Dans chacun des villages qu’alors ils traversaient.
Mais hélas leur bateau s’est abîmé en mer
Personne n’a survécu, pour moi ce fut l’enfer.
J’ai appris la nouvelle en écoutant la radio
Mais j’ai refusé de croire alors à cette info.
Je pensais que le ciel me tombait sur la tête
Et que tout s’écroulait soudain sur la planète.
J’ai pleuré bien des jours, je perdais l’appétit,
Mais la vie a repris et petit à petit
Je me suis résignée, j’ai gardé mon chagrin
Au plus profond de moi, j’acceptais mon destin.
Pour la première fois, ils partaient en croisière,
Pour la première fois et aussi la dernière.

—    Brigitte : Je suis désolée.
—    Gisèle : Ce n’est rien. C’est chaque année pareil. Le souvenir m’étouffe, on n’a jamais retrouvé leurs corps. Je n’ai pas pu faire mon deuil. C’est un malaise qui va passer. Depuis le temps j’en ai hélas pris l’habitude. Mais je ne m’y ferai jamais.

Entrée du Mage, sur la pointe des pieds.

Pantomime du Mage

—    Jean-François : Qui êtes-vous ?
—    Le Mage : Je suis le mage Abdelama. Je suis originaire de Bombay. Les grands de ce monde viennent me consulter.
—    Jean-François : Originaire de Bombay, dites-vous ?
—    Le Mage : Oui.
—    Jean-François : Donc vous êtes indien. Eh bien permettez-moi d’en douter. Pour moi vous êtes indien mâtiné auvergnat. Cessez cette comédie ridicule. Vous êtes indien comme je suis pape.
—    Le Mage : Je vais tout vous dire. J’étais comédien, intermittent du spectacle. Je végétais. Un jour on a fait appel à moi pour un spot publicitaire. J’étais le mage, le voyant, les mains autour d’une boule de cristal. Très concentré. Je levais la tête et disais au jeune homme qui était assis en face de moi : « Elle est là, elle vous attend ». La seconde suivante montrait une très belle voiture dont je tairai la marque. A la fin de la prise de vue, le réalisateur est venu me féliciter en précisant : « Si je ne vous connaissais pas, j’aurais juré avoir engagé un mage authentique ! » J’ai réfléchi à cette remarque du réalisateur. Et je l’ai exploitée en jouant ce rôle dans ma vie. J’en ai conclu que le destin des jeunes femmes, à quatre-vingt pour cent, était pratiquement le même. J’ai alors bâti un scénario que j’adapte plus ou moins à chaque cliente, et ça marche !

Je prédis l’avenir
Le Mage
J’évoque le passé, je parle du présent
Je prédis l’avenir de lendemains chantants
Elles ont toutes connu un amour de jeunesse
Fait de baisers pudiques et d’infinie tendresse.
C’est le vert paradis des amours enfantines
Que rien ne peut troubler et que rien ne chagrine.
Elles conservent toutes un souvenir précieux
D’avoir enfin connu les troubles amoureux.
Elles ont connu, ou connaitrons l’amour passion
Et ses débordements sans rimes ni raison
Elles ont souffert, ou souffriront et jureront
Que plus jamais elles n’aimeront, promesse de Gascon.
Mais le prince charmant un jour paraîtra
Elles sont sidérées et tombent dans ses bras.
C’est enfin le bonheur, enfin la joie de vivre
On est heureux à deux, de plaisir on s’enivre
L’amour, toujours l’amour.

—    Jean-François :  Je suppose que vous n’êtes pas venu dans ma chambre d’hôtel pour me raconter un épisode de votre vie.
—    Le Mage :  Non, maître Valentin, excusez-moi. Je suis venu me mettre sous votre protection.
—    Jean-François : Pourquoi ?
—    Le Mage : Un homme me menace de mort.
—    Jean-François : Soyez plus clair.
—    Le Mage : J’ai rencontré la femme de ma vie. Je sais que son compagnon, qui vit à ses crochets, la trompe. Je l’ai vu se promener avec des jeunettes. Ce n’est pas un dragueur de mines, mais un dragueur de minettes ! J’ai tout révélé à sa compagne, il l’a su et veut me faire la peau. Je pense que votre réputation d’avocat célèbre l’intimidera et qu’il renoncera.

La femme de chambre entre, apportant la robe.

—    Pamela :  Voici votre robe, madame. (Elle se tourne vers le Mage et laisse tomber la robe). Bertrand !
—    Le Mage :  Pamela !

Ils s’enlacent.

—    Jean-François : C’est elle ?
—    Le Mage : Oui, c’est elle !


Dès que je l’ai vue
Bertrand
Dès que je l’ai vue
Pamela
Oui dès qu’il m’a vue
Bertrand
Un matin d’avril
Pamela
Un matin d’avril
Bertrand
Mon cœur a battu
Pamela
Son cœur a battu
Bertrand
J’étais sur le grill
Pamela
Ah! Quel bonheur de connaitre et de vivre l’amour
Bertrand
Moi, je remercie le ciel d’être heureux chaque jour.
Quand son doux regard
Pamela
Quand mon doux regard
Bertrand
Lentement se pose
Pamela
Lentement se pose
Bertrand
Sur moi tendrement
Pamela
Sur toi tendrement
Bertrand
Je me sens tout chose.
Tous
Quand nous dansons enlacés, amoureusement,
Rien ne peut nous arriver que du bon temps.
Pamela
Oui la vie est vraiment belle avec lui
Tous
C’est vrai que la vie est belle quand je suis avec elle.
Dans ma vie aujourd’hui le ciel est toujours bleu
Sans aucun voile, tout est beau à mes yeux.
Pamela
J’ai souvent peur
Oui j’ai peur
De perdre le bonheur
Bertrand
Rien ne peut nous séparer
Notre amour est sacré.
Bertrand
Dès que je l’ai vue
Pamela
Oui dès qu’il m’a vue
Bertrand
Elle m’a ravi
Pamela
Oui je l’ai ravi
Bertrand
J’ai su qu’elle était
Pamela
Il sut que j’étais
Bertrand
La femme de ma vie.


—    Jean-François : Je comprends, mademoiselle, que cet homme ait été séduit par votre beauté et votre charme, mais les différents épisodes de la robe de ma compagne vous ont montrée sous un jour un peu agressif. En un mot je dirais que vous avez le sang chaud.
—    Pamela : Mon père est français mais ma mère est d’origine espagnole et c’est certainement d’elle que je tiens ce sang chaud.

España mi corazòn
Pamela
J’ai le sang chaud, le sang chaud de ma maman
Qui naquit au beau pays catalan ma maman
Qui dansait le fandango
La sardane et qui chantait le tango
Olé olé.
España mi corazòn
Mi amore mi razon
Ça a bercé mon enfance
Aussi mon adolescence
Mio madre en catalan
Cela veut dire ma maman
Elle m’appelait ma niña
Et bien sûr j’adorais ça.
Elle m’emmenait d’Argelès à Cadaquès ma maman
Pour visiter le musée d’un génie
Farfelu et moustachu
Ahuri, le peintre espagnol Dali
Oui, oui, oui, oui.
Pamela, Gisèle, Brigitte, Bertrand, Jean-François
España mi corazòn, mi corazon,
Mi amore mi razon, y mi razon
Ça a bercé mon enfance, mon enfance
Aussi mon adolescence

—    Jean-François : Comment vous êtes-vous connus ?
—    Bertrand : Nous nous sommes croisés dans la rue. Nous avons échangé un regard, un sourire. Puis elle est venue me consulter. J’ai été séduit pas son charme, sa beauté. Elle envisageait son avenir très noir. Mais notre rencontre décisive, si j’ose dire : c’est au bal musette.
—    Tous : Au bal musette !

Au bal musette
Pamela, Bertrand
Au bal musette
Dans la guinguette
Au bal musette
C’est toujours la fête
Gisèle, Brigitte, Bertrand
Sous les lampions
L’accordéon
Et ses flon-flons
Tournent bien des têtes
Toujours en quête
D’une amourette
Pamela
Et joue contre joue,
Petits bisous,
On oublie tout,
Tout, tout, tout, tout.
Et puis on se lance
Bien en cadence
A fond la danse.
Pamela, Gisèle, Brigitte, Bertrand, Jean-François
Un slow, languissant, frémissant, angoissant
Ou un tango tanguant, tout en se trémoussant
Imperceptiblement, le vrai tango tanguant.
Un valse à trois temps.
Pamela, Bertrand
Sous le ciel bleu
Les yeux dans les yeux
Sous le ciel bleu
On est heureux.
Gisèle, Brigitte, Bertrand
Et l’on rigole
Et l’on picole
La tête folle
Alors on s’enlace.
Et le temps passe
Sans qu’on s’en lasse.
Puis le clair de lune
Nimbe la brune
D’un peu de brume
Tous
Et la nuit tombée
C’est terminé.
Pamela, Bertrand
Au bal musette
Dans la guinguette
Au bal musette
C’est fini la fête.

Entrée de Popov

—    Jean-François : Qui êtes-vous ?
—    Popov : Vladimir Ivanov Ivanovitch Popov, ancien colonel de la vaillante armée russe.

Popov
Popov
J’ai connu la faim et la misère
J’étais devenu un pauvre hère
Je déambulais dans les rues,
Je marchais sans but tout fourbu
Et ma vie était sans espoir,
Je broyais du noir chaque soir
Tous
Il déambulait dans les rues
Il marchait sans but tout fourbu
Et sa vie était sans espoir
Il broyait du noir chaque soir
Popov
Mais dans la troïka
De ma chère Babouchka
Et la balalaïka
Le long de la Volga
La vie reprenait,
Je revivais, ressuscitais,
J’étais heureux
Je retrouvais le ciel tout bleu,
Et des oiseaux les chants joyeux,
La vie alors me semblait belle,
Je me sentais pousser des ailes,
Je bénis la terre de ma Russie éternelle
Tous
La vie reprenait,
Il revivait, ressuscitait,
Etait heureux,
Il retrouvait le ciel tout bleu
Et des oiseaux le chant joyeux
La vie alors lui semblait belle,
Il se sentait pousser des ailes,
Il bénit la terre de sa Russie éternelle.
Popov
J’ai connu la guerre en Tchétchénie
Des tristes soirées à l’infini
Nous changions de camp chaque jour
Et le barda était très lourd
Nous étions très vite épuisés
Et heureux de nous arrêter.
Tous
Ils changeaient de camp chaque jour
Et le barda était très lourd
Ils étaient très vite épuisés
Et heureux de s’arrêter.
Popov
Mais dans la troïka
De ma chère Babouchka
Et la balalaïka
Le long de la Volga
La vie reprenait,
Je revivais, ressuscitais,
J’étais heureux
Je retrouvais le ciel tout bleu,
Et des oiseaux les chants joyeux,
La vie alors me semblait belle,
Je me sentais pousser des ailes,
Je bénis la terre de ma Russie éternelle
Tous
La vie reprenait,
Il revivait, ressuscitait,
Etait heureux,
Il retrouvait le ciel tout bleu
Et des oiseaux le chant joyeux
La vie alors lui semblait belle,
Il se sentait pousser des ailes,
Il bénit la terre de sa Russie éternelle.


—    Jean-François : Que venez-vous faire ici ?
—    Popov : Je vais tuer ce dégoûtant personnage (il désigne Bertrand). Il me fait coucou.
—    Tous : Coucou ?
—    Popov : Oui, coucou avec Paméla.
—    Jean-François : Pas coucou, cocu.
—    Popov : Qué cocu coucou ? Il dit mal de moi que c’est mensonge. J’ai été diplomate au consulat de Russie. J’étais apprécié. Moi important personnage. J’ai quitté consulat avec honneur.
—    Brigitte : Permettez-moi, maître. Pendant que ce monsieur pérorait, j’ai consulté Wikipedia.
—    Jean-François : Et alors ?
—    Brigitte : Monsieur Popov n’a jamais été colonel mais caporal-chef. Au consulat de Russie il était gardien, on l’a congédié pour abus de vodka.
—    Popov : Mensonges !
—    Pamela : C’est un paresseux.
—    Popov : Moi pas paresseux. Je mets à demain ce que je dois faire aujourd’hui, et demain c’est pareil. (gros rire)

 

Wikipedia dit tout
Tous
Wikipedia dit tout
Les ragots les plus fous
En large et en travers
A l’endroit à l’envers
L’âge du capitaine
Le tour de sa bedaine
La couleur de ses yeux
Et son système pileux.
On connait les tenants
Et les aboutissants
De la vie des vedettes
Se leurs amours secrètes
De leurs petits penchants
Les rumeurs les cancans
Et tout à l’avenant.
On ne peut rien cacher
De notre intimité
Qu’on se lève tôt ou tard
Ou qu’on fume un pétard
On saura si l’on porte
Chemise ou tee-shirt
Chapeau ou bien casquette
Pieds nus ou en chaussettes.

—    Jean-François : Vous êtes entré ici par effraction.
—    Popov : Non. Porte était ouverte.
—    Jean-François : Je maintiens par effraction. J’ai des témoins.
—    Tous : Par effraction
—    Jean-François : Vous avez menacé de mort mon client ici présent, toujours devant témoins. Si j’ajoute que vous avez usurpé le grade de colonel, vous risquez entre cinq et dix ans de prison. Toutefois si vous rendez sa liberté à Pamela et si vous disparaissez au plus tôt, mon client ne portera pas plainte.
—    Popov : Je suis deux fois coucou.
—    Jean-François : Sortez !

Le credo de l’avocat
Tous
Et patati et patata
Et blablabli et blablabla
C’est le credo de l’avocat
Oui le credo de l’avocat,
De l’avocat.
Une robe noire en majesté,
Un jabot blanc pour jaboter
Des effets de manche très étudiés
Une voix forte bien timbrée
Des témoins ridiculisés
Et l’accusé est acquitté.
C. Q. F. D., C. Q. F. D.
C’est le grand art du baratin.
Et patati et patata
Et blablabli et blablabla
C’est le credo de l’avocat
Oui le credo de l’avocat,
De l’avocat.
Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les jurés
Vous n’condamnerez pas un pauvre innocent
Il a tué pour de l’argent
Mais ce n’était qu’un accident
Orphelin de père et de mère
Il n’a connu que la misère
Et bien sûr ça fait pleurer Margot
Et aussi les bons gogos.
Le président sort son mouchoir,
Mesdames et messieurs les jurés
Ferment les yeux par désespoir
Et l’assassin est acquitté.
Et patati et patata
Et blablabli et blablabla
C’est le credo de l’avocat
Oui le credo de l’avocat,
De l’avocat.

—    Jean-François : Vous n’avez plus rien à craindre de ce Popov. Il n’a pu résister à mes arguments. Il s’est dégonflé comme une baudruche, Vous allez pouvoir vivre votre amour sans vous cacher. Profitez de la vie. Elle nous semble toujours trop courte. Soyez heureux.

Merci
Pamela
Je vous dis merci
Vous m’avez sauvée
J’étais vraiment sans espoir
Je me sentais épuisée
J’avais souvent peur
Grâce à vous je crois au bonheur
Je me sens soudain
Pleinement heureuse
La vie m’apparaît alors
D’une beauté radieuse
Je vivrai toujours
Mon nouvel amour
Au grand jour.
Ah ! qu’il fait bon vivre un jour pareil
Comme un grand soleil.
Jean-François
Il faut prendre la vie du bon côté
Et croyez-moi ce n’est pas compliqué
Il suffit de vivre sainement
Et d’aimer les gens tout simplement
De se contenter de peu pour être heureux.
Pamela et Brigitte
Tout paraît facile lorsqu’on vous entend
Mais il y a bien souvent
Des soucis des contretemps
Assez compliqués
Qu’on ne peut maîtriser.
Vous aviez raison.
Nous exagérons
Ce n’est pas un feu follet
Qui cacherait la forêt
Nous sommes confuses,
Veuillez accepter nos excuses
Pardonnez-nous cette impertinence
Sans aucune offense
Jean-François
Reconnaître son erreur
Est à moitié pardonné
La voix du cœur
Ne peut qu’inspirer
Rien que de la bonté
Gisèle
Oui la voix du cœur
Ne peut qu’inspirer
Bien sûr que de la bonté
Brigitte
C’est bien sûr la voix de l’amour
Que l’on dispense un peu plus chaque jour
Gisèle
Et c’est aussi le temps du bonheur
La joie de vivre et le soleil au cœur.
Pamela
Mille fois merci
Pour ces bons conseils
Dont je retiendrai ceci :
La sagesse est sans pareil
Et l’humilité
La tolérance et la bonté.
Je me sens soudain
Pleinement heureuse
La vie m’apparaît alors
D’une beauté radieuse
Je vivrai toujours
Mon nouvel amour
Au grand jour.
Ah ! qu’il fait bon vivre un jour pareil
Comme un grand soleil.

—    Jean-François : Nous venons de vivre une matinée quelque peu tourmentée, c’est le moins que l’on puisse dire. Nous avons eu des visites impromptues dont nous nous serions bien passés. Nous avons découvert une employée de l’hôtel au caractère bien trempé. Nous avons fait la connaissance d’un faux mage et d’un faux colonel de l’Armée Russe. Avouez que la coupe est pleine ! Qu’est-ce qui pourrait encore nous arriver ?

Christian et Gertrude entrent.

Nous venons de rater le train
Gertrude et Christian
Nous venons de rater le train
Oui nous avons raté le train
Et de quelques secondes à peine
Oui de quelques secondes à peine
Nous nous étions trompés de quais
C’était vraiment mal indiqué
Et comble de notre malheur
Le prochain train est dans trois heures
Nous avons erré comme âme en peine
Aussi de rancœur la tête pleine.
Soudain je me suis souvenue
Je me suis aussi souvenu
D’avoir une étole oubliée
Et moi oublié des papiers
Nous avons donc fait demi-tour
Oui nous avons fait demi-tour
Et nous sommes donc de retour
Oui nous sommes donc de retour.
Mais que font ces gens ici présents ?
Et comment Gisèle est-elle là ?

—    Jean-François : Ton instinct ne t’avait pas trompé ! Gisèle a un amant et cet amant c’est moi.
—    Christian : Comment as-tu pu me faire ça ?
—    Jean-François : Vous n’avez plus rien de commun Gisèle et toi. Tu vas donc entamer une procédure de divorce. Je serai l’avocat de Gisèle.
—    Christian : Jamais !
—    Jean-François : C’est ton intérêt. Imagine que quelqu’un de mal intentionné révèle certaines magouilles, certains trafics financiers dont tu es responsable. Ton avenir serait derrière toi.
—    Christian : C’est du chantage !
—    Jean-François : Non, un conseil d’ami. Tu ne dis plus rien, donc tu es d’accord.
—    Brigitte : Alors tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Popov revient.

—    Jean-François : Que revenez-vous faire ici ?
—    Popov : Je reviens pour chanter le final. C’est écrit dans la partition.

Et tout est pour le mieux
Tous
Et tout est pour le mieux
Dans le meilleur des mondes
Nous formons une ronde
De citoyens heureux.
Tout le monde il est beau,
Tout l’monde il est gentil
La terre est devenue
Enfin le vrai paradis.
Avançons joyeusement
Tout en chantonnant
La main dans la main
Sourions à tous les passants
Que nous croiserons
Sur tous nos chemins.
Croquons la vie à pleines dents
Qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou qu’il vente
Quel que soit le temps
Nous vivons chaque instant
Présent pleinement.
Et tout est pour le mieux
Dans le meilleur des mondes
Nous formons une ronde
De citoyens heureux.
Tout le monde il est beau,
Tout l’monde il est gentil
La terre est devenue
Enfin le vrai paradis.
Les grognons et les pisse-froid
On n’en veut pas !
Et tout ceux qui marchent au pas
On n’en veut pas !
Et n’oublions pas qu’il faut sourire
Pour être heureux.
Les grincheux et les pleurnichards
On en a marre !
Les minables qui broient du noir
On en a marre !
La joie l’amitié c’est prendre la vie du bon côté.
Avançons joyeusement
Tout en chantonnant
La main dans la main
Sourions à tous les passants
Que nous croiserons
Sur tous nos chemins.
Croquons la vie à pleines dents
Qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou qu’il vente
Quel que soit le temps
Nous vivons chaque instant
Présent pleinement.
Et tout est pour le mieux
Dans le meilleur des mondes
Nous formons une ronde
De citoyens heureux.
Tout le monde il est beau,
Tout l’monde il est gentil
La terre est devenue
Enfin le vrai paradis.
L’unique paradis.

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