La Presse en parle  

26 mai 2006 - Quatuor Léonore et bandonéon

 

Concert Quatuor Léonore - du 7/06/06

Une prestation de grande qualité


" Le tango est une pensée triste qui peut même se danser "
Ainsi s'exprime Astor Piazzolla, enfant prodige du bandonéon, arrangeur et compositeur de nombreux tangos, qui haussa le tango au rang des musiques cultes.
Né dans les bas-fonds de Buenos-Aires vers 1880, le tango n'aurait jamais du être autre chose que le divertissement d'un petit monde interlope, mais le sort en a décidé autrement. Avec ce compositeur de génie, le tango s'est ouvert à de nouveaux horizons et a acquis une nouvelle dimension. L'originalité du compositeur est d'avoir associé la tradition populaire argentine mêlée d'influences du jazz, à la rigueur de l'écriture musicale classique.


Ce vendredi 26 mai, lors du concert organisé par Musiques en Pays d'Olt, en présence de Serge Bladinières et Jean-Pierre Labro, conseillers généraux et Michel Lolmède, maire, l'Espace Maurice Faure a résonné des accents sombres et désespérés, mais aussi caressants, intimistes et sensuels du tango avec des pièces de Astor Piazzolla, Juan Viladomat Masamas, Horacio Salgan et deux pièces de Michel Capelier, Tango et la création " Vocalise ", spécialement écrite pour ce concert et présentée pour la première fois à Prayssac. Cette musique très expressive, toute en nuances, a été magistralement interprétée par le Quatuor Léonore et Michel Capelier, arrangeur et lui-même au bandonéon. " Par son extrême souplesse et ses nombreuses qualités d'expressions, le bandonéon peut tout aussi bien se faire caressant, plaintif ou même agressif ".


Les quatre musiciennes qui composent le Quatuor, Beata, Melissa, Myriam et Marina, viennent d'horizons géographiques divers et sont issues de conservatoires prestigieux où elles ont travaillé avec des maîtres de renommée internationale.


En première partie, elles ont joué avec brio, prestige, convivialité et émerveillement, le Quatuor américain de Anton Dvorak. Profondément impressionné par les musiques noires et indiennes qu'il a découvert lors de son séjour aux Etats-Unis et empli de la nostalgie de son lointain pays, le compositeur tchèque a allié dans cette uvre mélodies poignantes, rythmes enlevés et langage slave.


Les auditeurs, pas aussi nombreux qu'on aurait pu le souhaiter, ont été enthousiasmés et ont apprécié le style lié, élégant, fluide et la belle sonorité de l'interprétation des quatre jeunes femmes. D'une rigueur exemplaire, elles ont donné à la musique de Dvorak un souffle et une beauté admirables.


Comme lors de chaque concert de Musiques en Pays d'Olt, une dégustation de vin de Cahors Château Lamartine et de foie gras de Philippe Martegoute clôturait cette soirée musicale, en présence des musiciennes et du compositeur, un moment d'échange toujours très apprécié par le public.

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